le café des illusions perdues (II)


Du rififi dans le quartier rouge d’Amsterdam

Si vous êtes allez à Amsterdam, vous connaissez sans doute le “quartier rouge” ou “red light district“. Symbolisé par de petites lanternes couleur rubis, ce quartier du centre de la ville abrite les célèbres maisons de passes. Au coin d’un canal ou d’une rue, vous tournez négligemment le regard vers une vitrine auréolé de lumière rouge et la… oh une prostitué !
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Passé l’effet de surprise, ce quartier n’a pas un grand intérêt, sauf si vous voulez « consommer ». Cependant, il fait parti de ces lieux qui ont le mérite d’exister et que l’on doit visiter au moins une fois dans sa vie.
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Alors pourquoi parler de ce quartier s’il n’est pas aussi intéressant ? Tout simplement parce qu’il est au cœur d’une polémique qui dure depuis quelques mois maintenant. En effet, la municipalité a décidé de circonscrire le Red light district. La réceptionniste du Hans Brinker Hostel (on va l’appeler Gertrude vu qu’elle préfère rester anonyme) nous explique les motivations de la mairie : « l’image de la ville est en jeu et la municipalité d’Amsterdam voudrait attirer un autre type de clientèle ». En effet, le quartier est surtout fréquenté par des hordes de touristes britanniques (entre autres) pour qui Amsterdam se limite aux putes et aux coffee shop. Mais au-delà de l’image, ce remaniement urbain est aussi une histoire de gros sous. « Aux Pays-Bas, la prostitution est un métier légal, nous explique Gertrude. Pour pouvoir pratiquer, il faut posséder un permis et payer des taxes spécifiques. Mais la plupart du temps, les bordels sont tenus par la mafia. » Résultats des courses : la traite des blanches (notamment des filles de l’est) sert d’attraction touristique, et en plus l’Etat ne touche pas un rond dessus.

Alors depuis maintenant trois mois, les habitants d’Amsterdam voient fleurir des boutiques de mode plus ou moins underground à la place des vitrines si délicieusement aguicheuse. Un par un, les bordels se font racheter et cette initiative ne fait pas que des heureux.
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Les premiers mécontents sont les patrons de bars et de coffee shop qui profitent de ce tourisme pour refiler alcool et THC aux visiteurs. Les mécontents se sont donc rassemblés sous une association appelé « Platform 1012 » (les chiffres correspondent au quartier). Ce collectif fait circuler des pétitions à destination de la mairie, organise des manifestations et distribue à tous les commerces et maisons soutenant l’opération, une pancarte exhortant à « sauver le quartier rouge ». Une action qui semble dérisoire quand on voit le nombre de nouvelles boutiques de mode ou d’art fleurir le long des canaux.
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Reste la voix de l’ensemble des habitants d’Amsterdam. « Ont aiment à penser que nous vivons dans une ville ou l’on est libre de faire ce que l’on veut, explique Gertrude. Ce type de décision fera toujours débat. » De là à empêcher l’action de la mairie ? Pas si sûr.



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