le café des illusions perdues (II)


DMZ: Chronique d’une zone de guerre
9 avril, 2008, 11:05
Classé dans : chronique, journalisme, va voir ailleurs si j'y suis | Tags: , , , , ,

Vous pensez que les comics ne font que relayer les mêmes histoires de super héros en collants ? Ou bien vous avez un peu plus de culture et vous pensez que seul Frank Miller (Sin City pour les inculturés) vaut le détour ? Détrompez-vous !

Non pas que Frank Miller soit une quiche, j’adore ses BD ; mais il existe des comics bien différent et, oh joie; il y en a de plus en plus qui sortent en France.

Aujourd’hui je vais vous parler de DMZ de Brian Wood et du dessinateur Riccardo Burchielli. En anglais DMZ veut dire zone démilitarisé. Il s’agit d’une zone tampon séparant deux belligérants. La plus connue dans le monde est celle qui sépare la Corée en deux, le long du 38ème parallèle. Mais dans cette BD la DMZ ne se situe pas en Asie mais aux Etats-Unis en plein cœur de Manhattan. Après cinq années de guerre civile qui a opposé un conglomérat d’états anti-Establishment au gouvernement américain, la grosse pomme est devenue une zone de guerre d’où ne filtrent aucunes infos. Matty Roth, un jeune photographe stagiaire pistonné par son papa, va accompagner le célèbre et très pompeux journaliste de guerre, Viktor Ferguson. Mais les choses vont dégénérer et le jeune journaliste naïf va se retrouver tout seul dans une zone qu’il ne connaît que par des « on-dit ». Ce Candide va devoir se prendre en main et perdre peu à peu son innocence en se faisant manipuler par les divers camp, avant de devenir un véritable journaliste de guerre.

J’en dis pas plus pour ceux qui ne connaisse pas l’histoire, mais sachez que l’intrigue est riche en rebondissements. Le personnage central est loin de l’archétype du héros sans peur et les personnages secondaires sont très vite attachants. La DMZ y est décrite par quelques apartés imagées qui apportent de la respiration et de la cohérence à l’ensemble. On a l’impression de vivre un vrai reportage de guerre et les dessins de Riccardo Burchielli sont saisissants. New-York y est présentée à moitié détruite et recouverte de graph. Les décors tout comme certaines situations sont glauques à souhait (mention spécial pour l’appartement remplie de gosses fraîchement mutilé par des bombardements).

Malgré toute cette désolation, les auteurs s’amusent à réinventer les quartiers de Manhattan les découpant en clans : ici le coin des écolos, là celui des artistes… Bref on a devant nous un tableau réaliste, dur et touchant de ce qu’est une zone de guerre.

Cette BD est en deux tomes (je ne sais pas si d’autres vont sortir), intitulés « Sur le terrain » et « Le corps d’un journaliste ». Le tout est édité par Vertigo et Panini Comics en France pour 12 et 14,50 euros. Oui c’est cher… mais ça vaut le coup !


Un commentaire jusqu'à présent
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Une histoire de journalistes intrépides, un jeune photographe stagiaire (certainement très sexy)… il ne m’en faut pas beaucoup plus pour savoir ce qui t’a fait accrocher à cette BD ;)

Commentaire par Idaho 11 avril, 2008 @ 9:49



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